
2005 - Les entretiens des Antilles et de la Guyane, 5ème colloque
Organisé du 2 au 4 mai 2005 par l'Université Antilles Guyane, en partenariat avec l'association PARFAIRE, le Ministère de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche et les collectivités territoriales, ce colloque s'est déroulé en Guadeloupe , sur le thème :
L'ACCOMPAGNEMENT DES TRAJECTOIRES PROFESSIONNELLES :
Quelles innovations ?
Quelle reconnaissance pour les parcours ?
Quelque 150 personnes ont fait le déplacement depuis la métropole, majoritairement des responsables de formation, mais aussi une trentaine de DRH, des responsables de services de formation continue universitaire et plus spécifiquement des responsables de la V.A.E., et quelques membres d'équipes de direction d'établissements (vice-présidents, secrétaires généraux, secrétaires généraux adjoints...)
Les parcours professionnels des personnels des établissements, comme ceux de tout agent public et dans une certaine mesure de tout salarié en général, voient émerger un certain nombre de transformations. L'évolution d'une carrière basée sur une progression statutaire cède la place à des itinéraires orientés vers des projets professionnels, définis de plus en plus en terme de métier, de compétence, de professionnalisation. Même avec des détours, des raccourcis, parfois des chemins de traverse, ces itinéraires se définissent comme des trajectoires professionnelles, et suscitent de nouveaux questionnements :
- qu'en est-il aujourd'hui de la prévisibilité de ces parcours ?
- jusqu'où vont les organisations dans le passage d'une gestion par la carrière à une gestion par le métier ?
- la gestion par les compétences remet-elle en cause l'équilibre contribution/rétribution, au détriment de la notion de carrière ?
quels nouveaux rôles seront dévolus à la formation dans l'accompagnement de ces trajectoires professionnelles ?
- quels dispositifs seront à développer ou imaginer pour l'identification, la reconnaissance, la capitalisation ou le transfert des compétences ? quelle place réserver à la V.A.E.?
Après une matinée dans les locaux de l'Université Antilles-Guyane, consacrée à l'accueil des participants et une présentation des travaux par les différents partenaires (U.A.G., Ministère, PARFAIRE, Conseil régional, Conseil général), les débats se sont déroulés dans le cadre du Lycée hôtelier de Gosier, selon l'organisation suivante :
- une conférence introductive (lundi après-midi)
- des échanges autour de trois thématiques : l'accompagnement au développement de trajectoires professionnelles (mardi matin), la reconnaissance des trajectoires professionnelles (mardi après-midi), la gestion des âges et les trajectoires professionnelles (mercredi matin); chacune de ces thématiques a été traitée au moyen d'une mini-conférence introductive, d'échanges en ateliers avec des témoignages de réalisations, et d'une synthèse présentée par les animateurs d'ateliers
- une synthèse générale sous la forme d'une table ronde des intervenants, le mercredi après-midi, clôturant le colloque.
Une vingtaine d'intervenants, métropolitains ou antillo-guyanais, ont fourni des éclairages sous la forme d'apports conceptuels ou de témoignages :
- Alain MEIGNANT, consultant en management et ressources humaines, auteur de plusieurs ouvrages de référence dans la profession, parmi lesquels "Le DRH partenaire stratégique" (Ed. Liaisons 2004), "Manager la formation" (Ed. Liaisons 2003), "Ressources humaines : déployer la stratégie" (Ed. Liaisons 2001)
- Patrice GUEZOU, chargé de mission en gestion des compétences et formation au groupe VEOLIA Environnement
- Nicole RAOULT, consultante R.H. au cabinet Maturescence, pilote et coordinatrice du projet européen EQUALLITE sur l'objectif de lutte contre les discriminations d'âge et de genre, auteur de "Changements et expériences, expériences des changements : gestion des âges, valorisation des expériences" (L'Harmattan 2005), co-auteur de "La diversité des âges : regards croisés" (ouvrage collectif, éd. Liaisons 2004)
- Isabelle LOSS, consultante en dispositifs et outils de la mobilité professionnelle, intervenante à l'INETOP (Institut national d'Etudes sur le Travail et l'Orientation professionnelle), auteur de "A quoi sert l'orientation professionnelle en entreprise ?", traité de psychologie du travail coordonné par Claude Lévy-Leboyer, Michel Huteau (Ed. de l'Organisation 2004)
- Olivier BATAILLE, formateur consultant, doctorant à Paris X (auto-reconnaissance des apprentissages professionnels informels), intervenant en formation action (formalisation de l’expérience en vue de validation via le e-learning) et enseignement en master (Lille 3, CNAM), collaborateur régulier des cabinets Interface (participation à un ouvrage collectif sur les apprentissages informels) et Maïeutika (audit de dispositif de formation)
- Shéhérazade ENRIOTTI, chargée de mission innovation à l'Institut national des Métiers de la Formation et de l'Insertion (INMF) de l'AFPA
- Florence EGLOFF, Directrice de l'Observatoire des métiers du CNRS
- Pascal WARNIER et Dinah JEANMOTTE, chargés de mission au service de gestion des ressources humaines (RHUM) de l'Université catholique de Louvain (Belgique)
- Michel DISPAGNE, Maître de conférences et Directeur adjoint du Service universitaire d'Education permanente et de Formation continue de l'UAG, responsable du centre de Martinique
- Willy ANGELE, Chef d'entreprise, chargé de la formation professionnelle à l'Union des Entreprises (MEDEF) de Guadeloupe
- Nestor RADJOU, Directeur général de l'IRIG-DEFIS (Guyane), membre du Conseil Economique et Social
- Rosemonde VARDARASSIN, chargée de mission VAE au Conseil Régional de Guadeloupe
- Claudy MOVREL, Inspectrice de l'Education nationale, de l'Enseignement technique, en charge de la formation continue au Rectorat de l'Académie de Guadeloupe (GIP DAIFI)
- Philippe DISER, chargé de mission VAE à l'AGEFMA (Martinique)
- Murielle RENE-GABRIEL, chargée de mission à la professionnalisation, CARIF-OREF (Guadeloupe)
- Isabelle LOUISON, chargée de mission à l'ARACT (Martinique)
- Colette GALIBY, ancienne responsable du Bureau local des Carrières, centre spatial de Kourou (Guyane)
- Yannick SEILLER, Commandant, directeur de la formation et de l'insertion du 2ème RSMA (Service militaire adapté) en Guadeloupe
- Marcel NAGERA, responsable de la formation et des concours à la DDE 971 (Guadeloupe)
- Patrick PLUMAIN, responsables du bureau des personnels et des ressources humaines à la DDE 971 (Guadeloupe)
Dans sa conférence introductive, Alain MEIGNANT a posé la notion de compétence et ses déclinaisons au coeur de l'accompagnement des trajectoires professionnelles. Dans un parcours, il s'agit de mobiliser des compétences pour consolider (maîtriser son emploi), anticiper (répondre aux nouvelles exigences), innover (se positionner sur des emplois porteurs) ou développer (mobilité).
Après avoir rappelé les définitions de la notion de compétence, et la nécessité d'un dialogue structuré (entretien, référentiel, projet), il a soumis à la réflexion 4 logiques de reconnaissance des compétences :
- la logique de la performance (résultat en situation),
- la logique éducative (diplôme),
- la logique statutaire (classification),
- la logique de l'employabilité (maintien ou recherche d'emploi).
La tendance serait le développement de l'autonomie (individu acteur se substituant à individu géré), en centrant la gestion sur les enjeux stratégiques. Cette "gestion par les compétences" impacte de façon sensible la fonction RH, en étant intégrative des différents domaines de la GRH (recrutement, formation, mobilité...), et levier majeur de déploiement des politiques d'établissement.
L'ensemble des travaux s'est ensuite déroulé sous la forme d'ateliers répartis selon trois thématiques, chacune d'elles étant abordée par un exposé introductif, des témoignages, un débat et une synthèse.
Atelier 1 : Ingénierie de formation ou ingénierie des compétences : Comment concevoir des dispositifs facilitant la progression des compétences et l’investissement dans des projets personnels ?
Le développement de l’individualisation privilégie la notion de parcours individuels et l’auto formation. Quant à la logique compétence, elle relativise la place de la formation, car il s’agit moins d’acquérir la compétence que d’agir avec compétence. Quelles sont les conséquences sur les modèles traditionnels de l’ingénierie de formation ? Quels nouveaux dispositifs sont à envisager pour gérer les parcours ?
Atelier 2 : Accompagnement au du dossier de VAE : reconnaissance immédiate ou inscription dans un parcours ?
Est il est possible de faire une lecture plus globale de l’expérience dans les dossiers de VAE en dépassant la simple notion de rattachement à des modules ? La démarche d’évaluation est ainsi mise en perspective en positionnant la situation individuelle sur un axe de développement. Les compléments proposés (acquisitions de connaissances, outils, méthodologies) prennent un tout autre sens en se situant sur une trajectoire professionnelle.
Atelier 3 : Reconnaître les compétences présentes au sein des organisations
Que ce soit pour mieux identifier des fonctions particulières (formateurs internes, tuteurs…), minimiser l’impact des jeunes diplômés par rapport aux salariés plus âgés et moins diplômés, ou pour fidéliser des salariés, reconnaître les compétences constitue un véritable enjeu en terme d’attractivité et de fidélité pour les organisations. Dans cette dynamique de reconnaissance de professionnalisme, la VAE en constitue un des outils majeurs
Atelier 4 : Reconnaissance des emplois dits non qualifiés : quels parcours pour les « peu qualifiés »
L’emploi non qualifié existe-t-il vraiment ? non qualifié ne signifie pas sans compétences, pourtant toute référence à la qualification suggère que ces emplois ne nécessitent aucune connaissances ni compétences, et donc l’inutilité de toute action de formation. De quels leviers dispose-t-on, en terme d’ingénierie et de reconnaissance des compétences, pour répondre au défi de professionnalisation de ces emplois ?
Les scénarii de trajectoires professionnelles où tout se joue en début de vie sont encore omniprésents, ils conduisent à dévaloriser la seconde partie de carrière et minorer la fonction de transmission des savoirs d’expérience.Or nous le savons le défi est d’ordre social et culturel et nous devons miser sur les potentiels d’adaptation des salariés plus âgés, en proposant des dispositifs RH et de formation valorisant l’expérience des seniors.
Atelier 5 : Identification et transfert de compétences
Les perspectives de départs massifs au cours de la prochaine décennie posent le problème du transfert des savoirs avec une acuité nouvelle. Comment reconnaître les identités professionnelles et les compétences acquises au terme de la carrière ? Comment éviter l’évaporation des compétences ? Comment assurer leur transfert (conditions, rôle et fonction du tutorat) ?
Atelier 6 : Les parcours de consolidation professionnelle
Mieux connaître les étapes de la vie au travail pour proposer aux individus toutes les ressources nécessaires au pilotage de leur itinéraire professionnel : repérer les potentiels, accompagner les trajectoires (accès à la VAE, formation en alternance), promouvoir les dispositifs RH qui favorisent le développement de l’activité : bilan perspectives, aide à la reconversion des compétences, baromètre sur le vécu du travail…
La rédaction des actes est actuellement en cours. En attendant leur parution, une synthèse sera prochainement mise en ligne sur ce site